Le taux de clean sheets s’est tassé
Une clean sheet est un événement à l’échelle de l’équipe : une équipe termine sans encaisser de but. Un événement sans but marqué relève également de l’équipe : une équipe termine sans inscrire le moindre but. Comme ces deux observations sont liées par le même score, la première étape consiste à distinguer les événements d’équipe du décompte des matchs.
Chaque saison de 306 matchs représente 612 performances d’équipe. Par rapport à ce dénominateur, le nombre de clean sheets est passé de 163 en 2015 à 153 en 2024. Le taux d’événements d’équipe est passé de 26,6 % à 25,0 %. La variation est modeste, mais elle va dans le sens d’un nombre inférieur de matchs comportant un zéro au tableau d’affichage.
| Saison | Clean sheets | Événements sans but marqué | Matchs avec une équipe muette | Matchs nuls 0–0 | Les deux équipes ont marqué |
|---|---|---|---|---|---|
| 2015 | 163 | 163 | 139 | 24 | 167 |
| 2016 | 157 | 157 | 138 | 19 | 168 |
| 2017 | 159 | 159 | 138 | 21 | 168 |
| 2018 | 141 | 141 | 124 | 17 | 182 |
| 2019 | 140 | 140 | 128 | 12 | 178 |
| 2020 | 140 | 140 | 122 | 18 | 184 |
| 2021 | 136 | 136 | 120 | 16 | 186 |
| 2022 | 140 | 140 | 125 | 15 | 181 |
| 2023 | 130 | 130 | 117 | 13 | 189 |
| 2024 | 153 | 153 | 131 | 22 | 175 |
Le tableau présente volontairement les deux types d’événements. Ils doivent coïncider ligne par ligne si le décompte des scores est complet. Cette égalité constitue un contrôle utile, et non l’affirmation que la défense et l’attaque sont des phénomènes distincts dans cette mesure particulière.
Les scores vierges racontent une histoire de matchs
Un match où une équipe ne marque pas comporte au moins une clean sheet et au moins un événement sans but marqué. À l’échelle des matchs, 139 des 306 rencontres comportaient une équipe muette en 2015, soit 45,4 %. En 2024, ce nombre était de 131, soit 42,8 %. Le complément correspond au nombre de matchs où les deux équipes ont marqué : 167 en 2015 et 175 en 2024.
Les deux catégories sont ici des compléments exacts, car chaque rencontre terminée possède un score final. On peut donc passer du tableau des événements d’équipe à l’analyse des matchs sans ajouter de catégorie cachée : 139 matchs avec une équipe muette plus 167 matchs où les deux équipes ont marqué donnent les 306 rencontres de la saison 2015 ; 131 plus 175 donnent 306 en 2024.
C’est aussi pourquoi il ne faut pas transformer l’expression « les clean sheets ont diminué » en « la défense a disparu ». En 2024, on comptait encore 153 clean sheets à l’échelle des équipes. Le changement observé est une variation de fréquence, et non la disparition des matchs sans but encaissé de la compétition.
Le signal général de la décennie est un nombre inférieur de matchs avec une équipe muette, et non la disparition des clean sheets défensives.
Les saisons intermédiaires comptent
Les trois premières saisons affichaient des nombres relativement élevés de clean sheets : 163 en 2015, 157 en 2016 et 159 en 2017. Les matchs avec au moins une équipe muette étaient au nombre de 139, 138 et 138. Les matchs nuls sans but étaient au nombre de 24, 19 et 21. L’évolution à l’échelle des matchs était déjà légèrement orientée, mais elle ne suivait pas une ligne droite.
Les trois saisons suivantes ont produit un changement plus net. Les clean sheets étaient au nombre de 141 en 2018, 140 en 2019 et 140 en 2020. Les deux équipes ont marqué dans respectivement 182, 178 et 184 matchs. La ligne de 2019 se distingue avec seulement 12 matchs nuls sans but, le total le plus faible de la période, alors qu’elle comptait toujours 140 événements d’équipe associés.
De 2021 à 2023, le total de clean sheets est descendu à 136, 140 et 130. La saison 2023 a connu le plus grand nombre de matchs où les deux équipes ont marqué, 189, et seulement 13 matchs nuls sans but. C’est l’expression la plus nette, sur une seule saison, d’une distribution de scores ouverte dans ce tableau.
Le rebond de 2024 complexifie la comparaison entre les deux extrémités de la période. Le nombre de clean sheets est remonté à 153, celui des matchs avec une équipe muette à 131 et celui des matchs nuls sans but à 22. Les deux équipes ont marqué dans 175 matchs, soit moins que le record de 2023, mais davantage qu’en 2015. Les données récentes confortent donc un taux de long terme plus faible, avec des renversements annuels significatifs.
Ce que révèlent les séries de scores
Les lignes peuvent être regroupées en trois configurations de scores. De 2015 à 2017, les matchs avec une équipe muette étaient au nombre de 139, 138 et 138, tandis que les matchs où les deux équipes ont marqué étaient au nombre de 167, 168 et 168. Les deux côtés du bilan étaient proches de leurs moyennes sur la décennie, avec entre 19 et 24 matchs nuls 0–0.
En 2018 et 2019, le nombre de matchs avec une équipe muette est tombé à 124 et 128. Le nombre de matchs où les deux équipes ont marqué était de 182 et 178. La saison 2019 est particulièrement intéressante, car elle combinait seulement 12 matchs nuls sans but et 140 événements d’équipe : la plupart de ses matchs avec une équipe muette étaient des scores à sens unique plutôt que des 0–0.
De 2020 à 2022, le nombre de matchs avec une équipe muette est resté entre 120 et 125, soit la fourchette de trois saisons la plus resserrée du tableau. Les deux équipes ont marqué dans 184, 186 et 181 matchs. Le total de clean sheets est resté autour de 136 à 140. C’est la période où le signal à l’échelle des matchs semble le plus stable, même si le nombre précis de clean sheets continue d’évoluer.
2023 a représenté l’extrême des scores ouverts : 117 matchs avec une équipe muette, 189 matchs où les deux équipes ont marqué et seulement 13 matchs nuls sans but. Le rebond de 2024, avec 131 matchs comportant une équipe muette et 22 matchs nuls sans but, montre le risque qu’il y a à considérer un seul point bas comme une nouvelle normalité. Le plus grand nombre de matchs où les deux équipes ont marqué de la décennie et sa baisse ultérieure se côtoient.
Ces observations portent toutes sur les scores. Elles ne nous disent pas si les buts provenaient d’un plus grand nombre de tirs, d’une meilleure efficacité dans la finition ou de choix tactiques différents. Maintenir cette limite visible permet à une tendance des clean sheets de rester utile sans devenir une explication non étayée.
Deux étiquettes pour un même zéro
Dans un match qui se termine sur le score de 1–0, le vainqueur enregistre une clean sheet et le perdant un événement sans but marqué. Dans un match nul 0–0, les deux équipes enregistrent les deux événements, si bien que la rencontre contribue pour deux unités à chacun des totaux d’événements d’équipe. Cela explique pourquoi les colonnes des clean sheets et des événements sans but marqué sont identiques, tandis que le nombre de matchs avec une équipe muette est inférieur.
De 2015 à 2024, on a compté 1 459 clean sheets à l’échelle des équipes et 1 778 matchs où les deux équipes ont marqué. La période comprenait 177 matchs nuls sans but. Ces totaux sont des contrôles descriptifs des scores ; ils ne mesurent ni les buts attendus, ni les tirs, ni la qualité des gardiens, ni la force des attaques adverses.
La distinction est particulièrement importante lorsque l’on compare des championnats ou des formats. Une variation du nombre de matchs modifierait le nombre brut d’événements, même si le taux restait constant. C’est pourquoi cet article présente à la fois les décomptes et les dénominateurs, tout en conservant une base saisonnière fixe de 306 matchs.
Pourquoi les deux dénominateurs comptent
Le taux de clean sheets utilise 612 performances d’équipe par saison, tandis que le taux de matchs avec une équipe muette utilise 306 rencontres. Ces dénominateurs répondent à des questions différentes. Le premier demande à quelle fréquence une équipe individuelle a empêché l’adversaire de marquer ; le second demande à quelle fréquence une rencontre a comporté au moins une équipe ne marquant aucun but. Un match nul 0–0 contribue pour deux événements d’équipe, mais pour un seul match avec une équipe muette.
Cette distinction explique également pourquoi le total des événements d’équipe n’est pas égal à deux fois le nombre de matchs. Un score de 1–0 produit une clean sheet et un événement sans but marqué, mais un score de 2–1 ne produit ni l’un ni l’autre. Le total de 163 événements en 2015 et celui de 153 en 2024 décrivent donc la fréquence des zéros dans les performances d’équipe, tandis que 139 et 131 décrivent le nombre de rencontres concernées par un zéro.
Pris ensemble, ces indicateurs montrent un léger recul en fin de période des événements à zéro but et une variation saisonnière plus importante autour de cette tendance. Ils conviennent pour décrire la distribution des scores ; ils ne remplacent pas un modèle de performance défensive.
La vérification saison par saison
Les lignes intermédiaires permettent de relativiser l’évolution entre les deux extrémités de la période. Les clean sheets étaient au nombre de 163, 157 et 159 de 2015 à 2017, puis de 141, 140 et 140 de 2018 à 2020. Le niveau inférieur s’est poursuivi en 2021 et 2023, avec des totaux de 136 et 130, avant le retour à 153 en 2024. La série affiche un long tassement, mais aucun recul annuel ininterrompu.
Les décomptes à l’échelle des matchs suivent une trajectoire apparentée. Les rencontres avec au moins une équipe muette sont passées de 139 en 2015 à 120 en 2021, ont atteint 117 en 2023, puis sont remontées à 131 en 2024. Les deux équipes ont marqué dans 167, 186 et 189 matchs dans les lignes de référence de la première saison, de 2021 et de 2023. Le complément rend la direction visible sans traiter un score unique comme une cause.
Les matchs nuls sans but ajoutent une autre dimension. Leur nombre allait de 12 en 2019 à 24 en 2015, avec 13 en 2023 et 22 en 2024. Un faible nombre de 0–0 peut coexister avec de nombreux scores à sens unique ; le sous-ensemble des matchs nuls sans but ne doit donc jamais remplacer le décompte plus large des matchs avec une équipe muette. La lecture prudente est celle d’une fréquence des zéros plus faible en fin de période, avec une variation saisonnière importante autour de cette tendance.
Limites et méthode
- Périmètre : dix saisons terminées de 2015 à 2024, avec uniquement les matchs de saison régulière.
- Les clean sheets et les événements sans but marqué comptent chaque performance d’équipe ; les décomptes à l’échelle des matchs comptent chaque rencontre une seule fois.
- Les catégories « les deux équipes ont marqué » et « 0–0 » concernent les scores, et ne mesurent ni la qualité des tirs ni la solidité défensive.
- Les pourcentages utilisent 612 performances d’équipe ou 306 matchs selon le cas et sont arrondis à un chiffre après la virgule.
- Les matchs supplémentaires hors championnat sont exclus afin de maintenir une base de scores cohérente.
Source : données Xtra-Stats, vérifiées par un calcul indépendant des scores nuls.