La séparation crée un véritable écart

Une compétition au format scindé pose deux questions différentes. La phase régulière contient l’échantillon le plus large de clubs et de rencontres ; les groupes sont des phases plus petites et plus sélectives, disputées après la division du classement. Comparer leurs moyennes n’est utile que si le nombre de matches et les définitions des phases restent visibles.

L’échantillon de sept saisons contient 924 matches de phase régulière et 210 matches dans chacune des phases de groupes. Le taux de buts pondéré était de 2.93 durant la phase régulière, de 3.29 dans le groupe championnat et de 2.56 dans le groupe de relégation. Le taux du championnat était supérieur de 0.36 à celui de la phase régulière ; celui de la relégation lui était inférieur de 0.37.

3.29
Buts/match du groupe championnat
2.56
Buts/match du groupe de relégation
34.3%
Taux de nuls du groupe de relégation
Totaux pondérés sur sept saisons achevées au format scindé, 2018–2024.
PhaseMatchesButsButs par matchNulsTaux de nuls
Phase régulière92427082.9324026.0%
Groupe championnat2106903.294421.0%
Groupe de relégation2105382.567234.3%

Les phases de groupes contribuent chacune à hauteur de 30 matches par saison, soit un quart de l’échantillon de la phase régulière. Une différence entre leurs taux constitue donc une comparaison entre phases, et non la preuve qu’un groupe représente l’ensemble de la ligue de manière équivalente.

La phase régulière constitue la base générale

Le taux de la phase régulière allait de 2.53 en 2023 à 3.45 en 2019. Les cinq autres valeurs étaient de 2.77 en 2018, 3.14 en 2020, 2.88 en 2021, 2.92 en 2022 et 2.81 en 2024. L’amplitude est déjà considérable avant même de prendre en compte la séparation.

Les nuls en phase régulière étaient au nombre de 36, 33, 29, 41, 28, 39 et 34 sur les sept lignes. Les taux de nuls correspondants vont de 22.0% en 2020 à 31.1% en 2021. La phase générale n’est donc pas un groupe témoin fixe ; elle évolue elle aussi au fil des saisons.

Cette variation explique pourquoi l’agrégat de l’ensemble de l’échantillon, à 2.93, doit être lu comme une référence pondérée. Il provient de 2,708 buts divisés par 924 matches, en conservant la contribution de chaque saison plutôt qu’en calculant la moyenne de valeurs arrondies.

Le groupe championnat s’ouvre

Le groupe championnat a produit 690 buts en 210 matches. Son taux de 3.29 buts par match était supérieur de 0.36 à celui de la phase régulière, tandis que son taux de nuls était de 21.0%, contre 26.0% pour la phase régulière. Les chiffres vont dans le même sens : davantage de buts et moins de résultats nuls dans l’échantillon de la course au titre.

L’écart était particulièrement important en 2019, lorsque le groupe championnat a atteint 3.80 buts par match contre 3.45 en phase régulière. En 2018, le groupe était à 3.17 contre 2.77. En 2020, il était à 3.57 contre 3.14. Ces trois saisons placent clairement le taux du championnat au-dessus de celui de la phase générale.

Les lignes suivantes sont plus contrastées. Le taux du groupe était de 3.17 en 2021, 3.27 en 2022 et 3.37 en 2023, avant de tomber à 2.67 en 2024. Cette dernière ligne montre pourquoi l’article ne décrit pas le groupe comme systématiquement prolifique. La moyenne de l’échantillon est plus élevée, mais la phase peut tout de même s’achever sous le taux de la phase régulière lors d’une saison donnée.

Le groupe championnat augmente la moyenne des buts à long terme sans fixer chaque saison au même niveau.

Le groupe de relégation se resserre

Le groupe de relégation affichait le taux de buts le plus faible, avec 2.56 buts par match, mais la plus forte proportion de nuls, à 34.3%. Il a produit 538 buts et 72 nuls en 210 matches. Cette phase associe donc une moyenne de buts plus faible à davantage de résultats nuls que l’échantillon de la course au titre.

La ligne de 2018 fait exception au récit du taux inférieur : 3.23 buts par match, soit davantage que dans les phases régulière et championnat cette saison-là. Le groupe est ensuite tombé à 2.43 en 2019 et à 2.20 en 2020. En 2021 et 2022, il est remonté à 2.67 et 2.80, avant d’atteindre le plus bas niveau de la période, à 2.03, en 2023.

Les taux de nuls rendent le contraste plus net. Le groupe de relégation a enregistré 5, 9, 10, 13, 12, 13 et 10 nuls de 2018 à 2024. Cela représente 16.7%, 30.0%, 33.3%, 43.3%, 40.0%, 43.3% et 33.3%. Le sommet au milieu de la séquence provient de comptes bruts établis sur une phase fixe de 30 matches.

L’amplitude dépasse la moyenne

Comparaison des phases saison par saison ; chaque phase de groupe compte 30 matches achevés.
SaisonButs/match en phase régulièreButs/match du groupe championnatButs/match du groupe de relégationNuls en phase régulièreNuls dans le groupe championnatNuls dans le groupe de relégation
20182.773.173.233655
20193.453.802.433349
20203.143.572.2029610
20212.883.172.6741713
20222.923.272.8028912
20232.533.372.0339713
20242.812.672.5734610

Les moyennes par phase masquent d’importantes variations saisonnières. Le nombre de buts dans le groupe championnat allait de 2.67 à 3.80 ; celui du groupe de relégation, de 2.03 à 3.23. Les taux de nuls ont évolué tout aussi largement dans le groupe de relégation, de 16.7% en 2018 à 43.3% en 2021 et 2023.

Lire les lignes dans l’ordre permet également d’éviter un récit trompeur sur le format. La structure en groupes est présente lors de chaque saison retenue, mais la relation entre les phases change : le groupe de relégation de 2018 a été le plus prolifique, le groupe championnat de 2019 a été le plus prolifique, le groupe de relégation de 2023 a été le plus fermé et 2024 a rapproché les deux groupes du taux de la phase régulière.

La leçon pratique consiste à utiliser les intitulés des phases pour décrire un échantillon de matches. « Buts de la Bundesliga autrichienne » est trop vague pour cette question. « Phase régulière », « groupe championnat » et « groupe de relégation » correspondent chacun à un dénominateur et à un contexte compétitif différents.

Sept saisons, sept lectures différentes

2018 est la première saison scindée retenue. La phase régulière affichait une moyenne de 2.77 buts par match, le groupe championnat de 3.17 et le groupe de relégation de 3.23. C’est la ligne atypique où le groupe de relégation a été le plus prolifique. Ses cinq nuls représentaient 16.7% des 30 matches, soit le même nombre que dans le groupe championnat.

En 2019, le schéma s’est déplacé vers la course au titre. Le nombre de buts était de 3.45 en phase régulière, de 3.80 dans le groupe championnat et de 2.43 dans le groupe de relégation. Le groupe championnat n’a également enregistré que quatre nuls, contre neuf pour le groupe de relégation. Les deux phases de groupes évoluaient déjà dans des directions opposées.

En 2020, le nombre de buts est resté élevé dans le groupe championnat, à 3.57, mais le groupe de relégation est tombé à 2.20, soit le deuxième taux de groupe le plus faible de l’échantillon complet. Le groupe a enregistré dix nuls. La saison suivante a rapproché les deux groupes de la phase régulière : 3.17 dans le groupe championnat et 2.67 dans le groupe de relégation, contre 2.88 en phase régulière.

En 2022, le groupe championnat a produit 3.27, la phase régulière 2.92 et le groupe de relégation 2.80. En 2023, la phase régulière est tombée à 2.53 et le groupe de relégation à 2.03, tandis que le groupe championnat est resté à 3.37. Il s’agit de la plus grande séparation entre les phases régulière et de relégation du tableau.

En 2024, les trois taux se sont rapprochés : 2.81 en phase régulière, 2.67 dans le groupe championnat et 2.57 dans le groupe de relégation. Cette saison montre aussi pourquoi l’agrégat ne doit pas être considéré comme une règle. Le groupe championnat a terminé sous la phase régulière pour la première fois dans ces lignes, même si son taux pondéré sur sept saisons reste supérieur.

Le décompte des nuls révèle la même diversité. Les nuls en phase régulière vont de 28 à 41 ; ceux du groupe championnat, de quatre à neuf ; ceux du groupe de relégation, de cinq à treize. Une comparaison entre phases qui ne rapporterait qu’une seule moyenne passerait à côté de la texture compétitive de chaque saison.

Lire les phases de groupes

La comparaison entre les phases est plus utile lorsque les dénominateurs restent visibles. Chaque saison achevée de cet échantillon compte 132 matches de phase régulière, 30 matches du groupe championnat et 30 matches du groupe de relégation. La phase régulière fournit donc plus de quatre fois plus d’observations que chacun des groupes, de sorte que les taux des groupes peuvent évoluer plus fortement lorsqu’un petit nombre de scores change.

Le nombre de buts du groupe championnat était supérieur à celui de la phase régulière lors de six des sept saisons : 3.17 contre 2.77 en 2018, 3.80 contre 3.45 en 2019, 3.57 contre 3.14 en 2020, 3.17 contre 2.88 en 2021, 3.27 contre 2.92 en 2022 et 3.37 contre 2.53 en 2023. En 2024, la relation s’est inversée, avec 2.67 dans le groupe championnat contre 2.81 en phase régulière.

Les nuls montrent une autre forme de séparation. Le groupe de relégation a produit 72 nuls en 210 matches, soit 34.3%, contre 44 dans le groupe championnat, soit 21.0%. La phase régulière se situait entre les deux, avec 240 nuls en 924 matches, soit 26.0%. Il s’agit de descriptions des phases, et non de la preuve que la séparation elle-même a provoqué une évolution du nombre de buts ou de nuls.

La comparaison la plus claire est donc descriptive : après la phase régulière, le groupe championnat affichait généralement le taux de buts le plus élevé, tandis que le groupe de relégation présentait le taux de nuls le plus élevé et le taux de buts le plus faible dans l’échantillon regroupé. Les lignes annuelles, en particulier celle de 2024, permettent de conserver une lecture honnête.

Limites et méthode

  • Périmètre : sept saisons achevées au format scindé, de 2018 à 2024.
  • La phase régulière compte 132 matches par saison ; chaque groupe championnat et de relégation en compte 30.
  • Les participations supplémentaires aux play-offs en dehors des phases nommées sont exclues ; tous les matches retenus sont achevés.
  • Les buts par match et les taux de nuls sont pondérés à partir des comptes bruts et arrondis pour l’affichage.
  • La réglementation officielle autrichienne fournit le contexte des groupes ; les comptes et taux par saison proviennent de Xtra-Stats.

Source : données Xtra-Stats, vérifiées avec la réglementation officielle de la compétition et un calcul indépendant par phase.